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Comptes 2015-2025 et premier semestre 2026 · résultats du 3e trimestre 2026 attendus fin octobre · documents officiels du groupe, du Sénat et des collectivités

122 Md$ de profits, la France dans le rouge

De 2015 à 2025, TotalEnergies a dégagé 122 Md$ de résultat net et versé 110 Md$ à ses actionnaires. Dans sa propre déclaration pays par pays, la ligne France affiche un résultat avant impôt négatif en 2020, 2022 et 2024, et 101 M$ d'impôt sur les sociétés payé en 2024. Pendant ce temps, l'État lui accorde crédit d'impôt recherche, quotas de CO2 gratuits et soutiens à ses projets industriels.

📄 TotalEnergies, rapports annuels 20-F 2015-2025 et rapports de transparence fiscale ; Sénat, rapport n° 692 (2023-2024)

TotalEnergies : des profits mondiaux, une France déficitaire sur le papier, et l'argent public au rendez-vous

Ce que disent les comptes officiels du groupe, ce que l'État lui accorde et ce qu'il renonce à percevoir, jusqu'à la raffinerie de La Mède, aux portes de Marseille. Tout est sourcé, page par page. Ce qui n'est pas public est signalé comme tel.

💰 36,2 Md$ de résultat ajusté en 2022 (record) 📤 110 Md$ versés aux actionnaires depuis 2015 🇫🇷 IS payé en France en 2024 : 101 M$ 🧪 Crédit d'impôt recherche : 55 à 85 M€ par an 🏭 14,2 Mt de quotas CO2 gratuits (2021-2025)

Onze ans de résultats : une seule année de perte, et elle était comptable

TotalEnergies publie ses comptes en dollars. Le groupe met en avant le résultat net ajusté, qui exclut les effets de stock et les éléments exceptionnels. Le résultat net IFRS est le résultat comptable officiel. L'écart entre les deux vient surtout des dépréciations d'actifs : les sables bitumineux canadiens en 2020, la Russie en 2022.

ExerciceVentesRésultat net IFRSRésultat net ajustéVersé aux actionnairesDividende par actionImpôt sur le résultat payé (monde)
2015165,45,110,53,12,44 €4,9
2016149,76,28,32,72,45 €2,9
2017171,58,610,62,62,48 €4,0
2018209,411,413,69,22,56 €5,0
2019200,311,311,89,52,68 €5,3
2020140,7−7,24,17,32,64 € maintenu2,9
2021205,916,018,110,12,64 €4,5
2022281,020,536,2 record17,73,81 €
dont 1 € exceptionnel
14,5
2023237,121,423,216,73,01 €12,7
2024214,615,818,315,73,22 €10,6
2025201,213,115,615,83,40 €9,6
Cumul 2015-2025122,2170,1110,476,9

En milliards de dollars, sauf le dividende. Ventes accises comprises. « Versé aux actionnaires » : dividendes payés et rachats d'actions décaissés dans l'année, d'après le tableau des flux de trésorerie. L'impôt payé est celui de l'annexe au tableau des flux, dans tous les pays. Chaque chiffre est celui publié dans le rapport de l'exercice, avant retraitement. Les cumuls sont notre calcul. Sources : rapports annuels 20-F 2015 à 2025 et documents de référence 2016 à 2019 déposés à la SEC, voir les sources [1] à [6].

📅 Et 2026 ?

Au premier semestre 2026, le résultat net ajusté atteint 11,4 Md$, en hausse de 47 % sur un an (5,4 Md$ au 1er trimestre, 6,0 Md$ au 2e). Le Brent est monté à 103,8 $ le baril en moyenne au 2e trimestre, puis 97 $ au 3e. Le groupe a racheté pour 2,25 Md$ de ses propres actions au semestre et porté l'acompte sur dividende à 0,90 € (+5,9 %). Les résultats du 3e trimestre n'étaient pas publiés le 29 octobre 2026 : seuls les indicateurs du 15 octobre l'étaient, avec une marge de raffinage européenne de 33,2 $ par baril [7] [8].

⚠️ 2020, l'année « de perte »

La perte de 7,2 Md$ vient de dépréciations exceptionnelles, « notamment sur les sables bitumineux canadiens » selon le groupe (20-F 2020, p. 3). Hors ces éléments, le résultat ajusté reste positif de 4,1 Md$, et le dividende est maintenu à 2,64 € par action. La même année, selon sa déclaration pays par pays, le groupe a été remboursé de 256 M$ d'impôt sur les sociétés en France (voir plus bas).

110 Md$
versés aux actionnaires de 2015 à 2025 : 68 Md$ de dividendes et 42 Md$ de rachats d'actions. C'est 90 % du résultat net IFRS cumulé.
35 %
des salariés du groupe travaillent en France : 35 424 sur 101 513 fin 2025 (20-F 2025, p. F-60).
−227 M$
de résultat avant impôt en France en 2024, pour 116 Md$ de chiffre d'affaires, selon la déclaration pays par pays du groupe.
17,7 Md$
de taxes collectées en France en 2024, surtout les accises sur les carburants et la TVA payées par les clients. Ce n'est pas un impôt sur l'entreprise.
55-85 M€
de crédit d'impôt recherche par an, déclaré par le groupe au Sénat. Le PDG parle de 50 M€.
≈ 1 Md€
: ordre de grandeur de la valeur des quotas de CO2 gratuits alloués à six sites français du groupe sur 2021-2025 (notre calcul).

📤 Les actionnaires d'abord, même les mauvaises années

Sommes versées chaque année aux actionnaires, dividendes et rachats d'actions, en milliards de dollars. Le pourcentage est la part du résultat net ajusté de l'année.

2015
3,1
29 %
2016
2,7
32 %
2017
2,6
25 %
2018
9,2
68 %
2019
9,5
80 %
2020
7,3
180 %
2021
10,1
56 %
2022
17,7
49 %
2023
16,7
72 %
2024
15,7
86 %
2025
15,8
102 %

Notre calcul à partir des tableaux des flux de trésorerie des rapports 20-F. Le taux de distribution officiel du groupe, calculé autrement (sur le flux de trésorerie), est de 54,7 % en 2025 (20-F 2025, p. 19).

🎯 2020 : 180 % du résultat ajusté distribué

L'année où le groupe affiche une perte comptable et où la pandémie fait chuter les ventes de près de 30 %, il verse quand même 7,3 Md$ à ses actionnaires, soit presque deux fois son résultat ajusté. En 2025, avec un résultat en baisse de 15 %, il verse plus que tout son résultat ajusté. Le groupe dit avoir encaissé plus d'1 Md€ de pertes de raffinage pendant le Covid « sans solliciter d'aide de l'État » (communiqué du 6 février 2024).

2025 : d'où vient le bénéfice

SecteurRésultat opérationnel net ajusté 2025PartEn 2022
Exploration-Production (pétrole et gaz)8,445 %17,5
GNL intégré (gaz naturel liquéfié)4,122 %11,2
Raffinage-Chimie2,413 %7,3
Électricité intégrée (dont renouvelables)2,212 %1,0
Marketing & Services (stations-service)1,47 %1,6
Total des secteurs18,5100 %38,5

En milliards de dollars. Source : 20-F 2025, p. 6, et communiqué des résultats annuels du 11/02/2026 [1] [7]. Les hydrocarbures (exploration-production et GNL) pèsent les deux tiers du résultat. L'électricité, vitrine de la « transition », en pèse 12 %.

🇫🇷 Une France qui ne gagne jamais d'argent

Depuis 2019, le groupe publie chaque année une déclaration pays par pays (CbCR) dans son rapport de transparence fiscale. Voici la ligne France pour chaque année publiée.

AnnéeRésultat avant impôt en FranceImpôt sur les sociétés payéSalariés en France
2019+147 M$−139 M$ remboursé37 188
2020−1 112 M$−256 M$ remboursé36 740
2021Déclaration non trouvée
2022−483 M$19 M$37 084
2023Déclaration non trouvée
2024−227 M$101 M$37 369

Sources : TotalEnergies, rapports de transparence fiscale 2019-2020 (PDF p. 26 et 28), 2022-2023 (p. 43) et 2024 (PDF p. 44) [9] [10] [11]. En 2022, le résultat est calculé après retraitement de 4,8 Md$ de dépréciations russes non déductibles. En 2024, le chiffre d'affaires France est de 116 Md$.

« Pour le reste, le montant de l'impôt que paie exactement TotalEnergies pour sa production en France est soumis au secret fiscal. » Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, audition du 4 avril 2024, commission d'enquête du Sénat, rapport n° 692, tome II, p. 423

Pourquoi si peu ?

Trois raisons, avancées par le groupe et par le ministre lui-même :

Le groupe précise lui-même que l'impôt payé en France en 2024 correspond « principalement à des retenues à la source étrangères sur des intérêts reçus et à des plus-values de cession de titres » (rapport 2024, PDF p. 44). Autrement dit, il ne correspond même pas à l'activité en France.

💡 Ce que le groupe met en avant

TotalEnergies insiste sur sa « contribution fiscale totale ». En France, les impôts qu'il supporte, tous confondus (charges sociales, impôts de production, impôt sur les bénéfices), atteignent 1,6 Md$ en 2022 et 2,2 Md$ en 2024. Il collecte aussi 17,7 à 19,8 Md$ de taxes par an, surtout les accises sur les carburants et la TVA [10] [11]. Ces taxes sont payées par les automobilistes : le groupe ne fait que les reverser.

Les taxes sur les « surprofits »

En 2022, l'Union européenne crée une contribution temporaire de solidarité sur les bénéfices exceptionnels du secteur fossile. Le groupe en a payé 0,9 Md€ pour 2022 dans l'ensemble des pays européens concernés, et 1 Md€ en ajoutant la contribution française sur la rente de l'électricité (20-F 2022, p. F-63). En France, toutes entreprises confondues, cette contribution n'a rapporté que 61 M€ en 2023, pour 200 M€ attendus (amendement n° 56, Assemblée nationale, 8 octobre 2024). La part de TotalEnergies dans ces 61 M€ n'est pas publique.

En 2025, la France a créé une contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises. Selon l'AFP, le groupe n'y est pas soumis faute de bénéfice en France. Il paierait en revanche environ 170 à 175 M€ de taxe sur ses rachats d'actions (dépêche du 11/02/2026). Le rapport annuel 2025 n'en dit rien.

🏛️ Les aides publiques : une liste sans montant total

En 2024, la commission d'enquête du Sénat (président Roger Karoutchi, rapporteur Yannick Jadot) a demandé au groupe la liste de ses aides publiques. TotalEnergies les a énumérées sans les chiffrer : tarifs d'achat de l'électricité renouvelable, primes de capacité, soutien au biométhane, subventions pour 8 projets de méthanisation, pour les batteries de Saft, pour les plateformes de Sobegi (Lacq) et de Normandie, pour le recyclage de Synova, pour 11 projets de recherche. La Commission de régulation de l'énergie juge elle-même « difficile d'estimer le montant de soutien à cette entreprise » (rapport n° 692, tome I, p. 143-148).

Voici ce qui peut être chiffré à partir de documents officiels.

SoutienNatureMontantSource
Crédit d'impôt rechercheavantage fiscal55 à 85 M€ par an selon le groupe. « Nous recevons 50 millions d'euros par an au titre de la recherche et développement », dit son PDGSénat, rapport n° 692, t. I p. 144 ; t. II p. 520
Quotas de CO2 gratuits, 6 sites français (2021-2025)recette à laquelle l'État renonce14,23 Mt, soit environ 0,85 à 1,2 Md€ au prix du marché (notre calcul)Arrêté du 10/12/2021 modifié, annexe I
Prime de capacité, centrale à gaz de Landivisiau (ex-Direct Énergie)soutien tarifaire94 000 € par MW et par an pendant 20 ans, soit environ 40 M€ par an pour 422 MW (notre calcul)Autorisation de la Commission européenne de 2017, question écrite AN n° 67366
Usine de batteries ACC à Douvrin (Stellantis, Mercedes, TotalEnergies via Saft)subvention + garantie685 M€ de France 2030 et un prêt garanti à 80 % par l'État. Ces montants vont à ACC, dont le groupe détient environ un tiersNicolas Dufourcq, Bpifrance, Sénat t. II p. 246
Hydrogène Masshylia à La Mède (avec Engie)aide d'État PIIEC120 M€ prévus, « en cours d'instruction », 0 € engagé au 1er janvier 2024Cour des comptes, soutien à l'hydrogène décarboné, 2025, p. 82
Garanties à l'export (Yamal LNG, Coral South FLNG…)garantie publiqueMontants non publiés. Interdites pour les hydrocarbures depuis le 1er janvier 2023 (loi de finances 2023, art. 152). Garantie refusée pour Arctic LNG 2Sénat t. II p. 247-248 et p. 415
⚠️ Une garantie ou un quota n'est pas un chèque

Une garantie publique ne coûte rien à l'État tant que l'emprunteur rembourse. Un quota gratuit n'est pas une dépense : c'est une recette d'enchères à laquelle l'État renonce, et il ne couvre qu'une partie des émissions du site. Il serait donc faux d'additionner ces lignes en un « montant total des aides ». Il est juste, en revanche, de constater que ce total n'existe nulle part : ni le groupe, ni l'État, ni le régulateur ne le publient.

⛽ La remise carburant de 2022, pour comparaison

En 2022, l'État a financé une remise à la pompe d'environ 7,5 Md€ (18, puis 30, puis 10 centimes par litre). C'est une aide aux consommateurs, versée par l'intermédiaire de tous les distributeurs, dont les stations TotalEnergies. Le groupe a ajouté sa propre remise (20 puis 10 centimes), pour un coût d'environ 550 M€ selon lui. La même année, il a versé 17,7 Md$ à ses actionnaires.

« Nous n'apportons pas le moindre soutien, budgétaire ou assurantiel, à des décisions que prendrait TotalEnergies par rapport à ces bombes carbone. » Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique, audition du 11 avril 2024, Sénat, rapport n° 692, tome II, p. 478-479

🏭 La Mède : 180 postes en moins, des risques partagés, de l'argent public pour l'hydrogène

La raffinerie de Provence, à Châteauneuf-les-Martigues, au bord de l'étang de Berre, est le principal site du groupe dans le département. Les pièces publiques de la Métropole, de la Région et de l'État permettent d'en suivre l'histoire.

2015 · fin du raffinage de pétrole brutLe site est « confronté à une perte durable de compétitivité ». Le projet de reconversion en bioraffinerie (200 M€ d'investissement) maintient 250 postes sur 429. L'accord social est validé par l'État le 4 août 2015.
Juin 2016 · une convention de « développement économique »L'État, la Région, la Métropole et Total signent une convention volontaire de développement économique et social. Total y met 5 M€ pour le territoire de l'étang de Berre et de Fos. Les collectivités s'engagent à « mettre en œuvre les moyens dont ils disposent » pour le succès du projet (Métropole, délibération ECO 002-584/16/CM du 30/06/2016).
2018-2019 · l'huile de palmeLa bioraffinerie démarre avec jusqu'à 300 000 tonnes d'huile de palme par an. La loi de finances 2019 retire à l'huile de palme son avantage fiscal à partir de 2020. Total Raffinage France attaque cette mesure devant le Conseil constitutionnel, qui la valide (décision n° 2019-808 QPC du 11/10/2019). Selon le groupe, le site n'utilise plus d'huile de palme depuis 2023.
2022-2023 · MasshyliaLe projet d'hydrogène de TotalEnergies et Engie est retenu dans le PIIEC européen Hy2Use (septembre 2022). La Région accorde 200 000 € à Engie Énergie Services pour des études d'électrolyseur (délibération CP-23-0083 du 24/03/2023). L'État prévoit 120 M€, encore « en cours d'instruction » début 2024 selon la Cour des comptes. En novembre 2024, le groupe repousse le premier électrolyseur à 2029, « sous réserve de la confirmation des subventions européennes et françaises ».
Décembre 2023 · le plan de prévention des risquesLe préfet approuve le plan de prévention des risques technologiques de la raffinerie. Les riverains doivent renforcer leurs logements.
Février 2025 · qui paie la protection des riverains ?La Métropole approuve le financement des travaux, estimés à 6 M€ et plafonnés à 12 M€ (voir le tableau ci-dessous).

Les travaux chez les riverains : l'exploitant paie moins d'un tiers

FinanceurPartEstimationMaximum
État (crédit d'impôt des ménages)40 %2 400 000 €4 800 000 €
Métropole Aix-Marseille-Provence25 %1 500 000 €3 000 000 €
Région Sud et Département des Bouches-du-Rhône2,5 % + 2,5 %300 000 €600 000 €
TotalEnergies Raffinage France25 % + 5 %1 800 000 €3 600 000 €
Total100 %6 000 000 €12 000 000 €

Source : Métropole Aix-Marseille-Provence, délibération CHL-002-17369/25/BM du 27/02/2025, p. 2-3. S'y ajoutent jusqu'à 1 020 000 € de l'État pour l'accompagnement des ménages (1 700 € par logement). Cette répartition est fixée par la loi (code de l'environnement, art. L. 515-19) : la Métropole ne l'a pas choisie.

🎯 Les quotas gratuits de La Mède

De 2021 à 2025, la raffinerie de Provence a reçu 456 436 tonnes de quotas de CO2 gratuits, de 76 906 t en 2021 à 95 749 t en 2025 (arrêté du 30/03/2026, JO du 23/04/2026). Au prix moyen du marché européen, cela représente de l'ordre de 30 M€ (notre calcul). En décembre 2025, l'Autorité environnementale a encore appelé le groupe à « revoir sa copie » sur un projet pour le site (Made in Marseille, 19/12/2025).

🔎 Ce qu'on ne sait pas, et qu'on devrait savoir

✅ Ce qui permettrait d'y voir clair

La commission d'enquête du Sénat a adopté son rapport à l'unanimité le 12 juin 2024. Rendre publiques, chaque année et par entreprise, les aides reçues au-delà d'un certain seuil, comme on le fait déjà pour les subventions aux associations, réglerait l'essentiel de ces angles morts. Pour les collectivités, chaque aide est déjà votée en séance : c'est ainsi qu'on retrouve les 200 000 € de la Région pour Masshylia.

Ce qui est établi, ce qui se discute, ce qui reste caché

✅ Établi par les documents

122 Md$ de résultat net et 110 Md$ versés aux actionnaires de 2015 à 2025. Un résultat avant impôt négatif en France en 2020, 2022 et 2024 dans les déclarations du groupe, avec 101 M$ d'impôt sur les sociétés payé en 2024, et des remboursements en 2019 et 2020. Un crédit d'impôt recherche de 50 à 85 M€ par an. 14,2 Mt de quotas gratuits sur 2021-2025.

⚖️ Ce qui se discute

Le groupe a raison de dire que la loi impose ses bénéfices là où il extrait, et que le raffinage français a perdu de l'argent. Mais c'est aussi lui qui organise ses activités : négoce en Suisse, raffinage en France. Un bénéfice mondial record et une France toujours dans le rouge, ce n'est pas illégal, mais ce n'est pas une fatalité non plus.

🙈 Ce qui reste caché

Le montant total de ce que l'argent public apporte au groupe en France. Ni l'État, ni l'entreprise ne le publient. Le Sénat l'a demandé, et n'a obtenu qu'une liste.

📖 Les mots du dossier

CbCRCountry-by-Country Reporting

Déclaration pays par pays : chiffre d'affaires, bénéfice, impôt et salariés de chaque pays. TotalEnergies la publie volontairement.

CIRCrédit d'impôt recherche

Réduction d'impôt égale à 30 % des dépenses de recherche jusqu'à 100 M€, 5 % au-delà. Remboursable si l'entreprise n'a pas d'impôt à payer.

Quotas gratuitsSystème européen d'échange de quotas

Chaque tonne de CO2 émise par un site industriel doit être couverte par un quota. Une partie est donnée gratuitement aux secteurs exposés à la concurrence internationale.

PIIECProjet important d'intérêt européen commun

Cadre qui autorise les États à subventionner fortement des projets industriels stratégiques.

PPRTPlan de prévention des risques technologiques

Plan arrêté par le préfet autour d'un site dangereux. Il impose des travaux aux riverains, financés par l'État, les collectivités et l'exploitant.

Résultat ajustéIndicateur propre au groupe

Résultat net hors effet de stock, éléments exceptionnels et variations de juste valeur. Ce n'est pas une mesure comptable officielle.

Rachat d'actionsBuyback

L'entreprise rachète puis annule ses propres actions : chaque action restante vaut plus. C'est une autre façon de rémunérer les actionnaires.

20-FRapport annuel déposé à la SEC

Version américaine du document d'enregistrement universel. Les comptes y sont identiques.

📚 Les pièces

Les pièces locales (Métropole, Région, Cour des comptes) sont consultables dans le fonds EG Transparence.